La Fabrication du Cuir et Le Tannage Végétal en Détails

Pour faire du cuir, il nous faut une peau de grand animal, comme la vache, le cerf, le porc, le mouton ou le veau. Il est aussi possible de faire du « cuir » de certains animaux tels que le galuchat, un poisson à peau épaisse, ou de certains grands reptiles, comme le boa, les crocodiles ou l’iguane.

 I) Les différents types de tannage :

 Le tannage est l’action de rendre imputrescibles et résistantes à l’eau, des peaux, par des substances chimiques : les différents types de tannages, comme le tannage végétal, les différents tannages minéraux, ou le tannage à la cervelle.

Chaque tannage a ses propres avantages et ses inconvénients, comme par exemple certains tannages minéraux qui peuvent provoquer des allergies.

 • Le tannage végétal est utilisé en sellerie, bourrellerie, cordonnerie… C’est le seul type de tannage avec lequel on peut par la suite faire des dessins sur le cuir, comme gravés dans le cuir : le repoussage sur cuir. Il est également possible de faire de la pyrogravure sur le cuir, mais le tannage n’intervient pas dans cette transformation.

 • Le tannage à la cervelle fut le premier utilisé, dès la préhistoire supposent les historiens, il consiste à frotter la cervelle de l’animal tué sur l’envers de la peau, puis d’enrouler la peau et de la laisser reposer durant deux ou trois jours.

 • Il existe beaucoup de tannages minéraux, le plus utilisé actuellement est le «tannage au chrome », ou « tannage aux sels de chrome ». Nous avons aussi le tannage à l’alun, et au sel. Il sert principalement à l’ameublement.

Le tannage aux sels de chrome peut être responsable d’allergies et d’irritations sur la peau.

 • Les tannages chimiques sont très présents mais ne sont pas souvent utilisés, ils servent comme le tannage minéral à l’ameublement, et à la conception de panneaux, ou de décorations en cuir, qui ne nécessitent pas des cuirs de très grande qualité…

 Il existe différents types de tannages chimiques assez complexes :

-         Le tannage à la quinone

-         Le tannage au formaldéhyde, plus couramment appelé formol

-         Le tannage au suflochlorure

-         Le tannage au zirconium

-         Le tannage aux alcools gras sulfatés

-         Le tannage aux phospholipides

-         Le tannage aux polyphosphates

-         Le tannage à l’aldéhyde

 Ces différents tannages chimiques sont parfois coupables d’allergies et les associations de consommateurs dénoncent cette pratique, qui revient moins cher aux entreprises.

 Après le tannage, il y a des étapes d’assouplissement qui sont requises, et des étapes de graissage, de nourrissage de la peau, qui seront détaillées dans la deuxième partie : Le tannage végétal en détails .

 II) Le tannage végétal en détails

 Le tannage végétal étant très utilisé pour les reconstitutions historiques, le repoussage sur cuir et la maroquinerie créative (sacoches, petites bourses en cuir et sacs, gants…). Nous allons prendre ici des peaux de chèvres, mais cette méthode est valable pour pratiquement toutes les peaux.

 II/1) Le décharnage des peaux

II/1/a) Enlever le surplus de chair et de graisse

 Il faut un support que l’on peut appeler « arbre », qui n’en est pas un, et où l’on doit poser les peaux, le côté chair vers le haut, les poils contre l’arbre. Nous devons gratter le coté chair, pour nettoyer la peau de sa graisse et des chairs restantes, en utilisant ce que l’on appelle plane. On doit se placer contre l’arbre, la peau tenue entre son ventre et le support, pour éviter que la peau ne parte pendant l’écharnage. Il faut maintenant gratter la peau, en appuyant fortement avec la plane contre la peau, perpendiculairement, mais attention, il faut gratter, surtout pas couper la peau. La nuque, que l’on appelle le collet est sûrement la partie la plus dure à gratter.

 II/1/b) Le Pelanage

Cette étape nous permet d’une part d’enlever les poils de la peau, et d’autre part de détruire certaines muqueuses à l’intérieur de la peau, pour la préparer au tannage.

 Des sources historiques indiquent que nos ancêtres ont utilisé des cendres de bois « durs », c’est-à-dire les grands arbres, comme le chêne, le châtaigner, ou le hêtres. Nous allons utiliser les cendres de ces derniers pour continuer notre tannage, ces cendres peuvent provenir directement de votre cheminée, tant que vous ne faites pas cuire des viandes pleines de graisses qui coulent dans les cendres. Les cendres sont en réalité les restes minéraux présents dans le bois, que l’arbre accumule pendant sa croissance, ce sont les fameux sels minéraux et autres résidus. Ces cendres sont très fortement basiques, ou alcalines, c’est- dire qu’elles attaquent les corps, un peu comme les acides, il faut donc penser à se protéger les mains, comme par exemple en mettant les gants en caoutchouc rose pour faire la vaisselle, puis bien sur les jeter. C’est l’action alcaline (ou basique) des cendres qui va détruire les racines des poils.

 Il faut, maintenant que vous avez vos cendres (il faut environ la moitié d’un grand seau de ménage, environ 5L de cendres), prenez un grand tissu qui joue le rôle de filtre, ou plus simplement un sac en tissu (du style sac écologique en tissu recyclé), qui puisse laisser passer le filtrat, puis introduisez-y les cendres et laissez tremper le sac de cendres dans le grand seau d’eau (10L), comme un sachet dans un tasse de thé. Nous devons maintenant faire filtrer les cendres, en appuyant sur le sac, vous verrez que l’eau devient de plus en plus grise-marron, de plus en plus foncée. Vous devez avoir une solution (terme chimique pour mélange) qui est de pH = 13 ou plus, soit une très forte alcalinité ; pour contrôler

 Cette alcalinité, vous pouvez acheter en pharmacie des indicateurs de pH (6-7€ les 100 tests).

 Trempez donc votre peau dans ce liquide alcalin, puis remuez bien pour renforcer le contact peau-liquide. Remuez ainsi toutes les deux heures environ, si possible.

 II/1/c) Après 15-20 heures de trempe

 Après les 15 ou 20 heures de trempe dans le liquide alcalin, retirez la peau et gratter un peu avec votre doigt un endroit de la peau, vérifiez si les poils s’en vont bien…

Si votre test est positif, retirez la peau du mélange, et replacez la sur l’arbre, pour enlever les poils. Vous pourriez facilement enlever les poils avec vos doigts, mais faites-le avec la plane car il y a une partie supérieure de la peau à enlever en même temps que les poils : l’épiderme.

Enlever cette partie vous permet d’avoir un cuir tanné très fin, mais si vous préférez le laisser, vous aurez un cuir plus épais, donc plus résistant, mais moins souple.

II/2) Les travaux de rivière

 Les travaux de rivière sont une opération qui consiste à laver, rincer abondamment à l’eau les peaux grattées. Vous devrez donc les rincer dans votre baignoire, ou mieux, si vous avez un petit lac ou une rivière, laisser tremper les peaux durant un jour, ou un jour et demi. Pourquoi ? me diriez-vous, car les peaux sont encore très alcalines, et nous avons besoin qu’elles retrouvent leur état chimique « neutre », soit un pH = 7 pour le tannage.

 Après la nuit passée dans le lac, essorez votre peau, comme une serviette de bain ou un tissu, pour enlever l’eau restante, puis étirez la un peu pour lui faire retrouver sa forme d’origine.

 II/3) Le Tannage

 Le tanin est un acide, dont le rôle est de modifier la peau de l’intérieur, pour la rendre imputrescible. Le tanin est présent dans différents corps, comme les pépins de raisin, où il se fait ressentir quand vous les croquez, ou dans les écorces internes des arbres. Allez donc en forêt et prenez les écorces des arbre, ni trop vieux, ni trop petits, comme le pelanage, préférez les écorces des hêtres, chênes, et les grand arbres… Plus vous couperez les morceaux d’écorce petits, plus le tanin passera dans votre solution, utilisez donc, si vous le pouvez, un broyeur.

Essayez d’obtenir 2Kg d’écorces broyées, puis faites-les mijoter environ 4h à 65° C, dans 13L d’eau, si vous avez une grande casserole, comme un bon petit plat. Le tanin devrait passer dans le liquide, vous devrez après filtrer le mélange, pour ne garder que le liquide, qui ressemble à du thé…

Attention : ne laissez pas entrer en contact du métal ferreux avec le mélange, cela contaminerai votre liquide et donc votre cuir !

Achetez un bac chez Ikea, par exemple, assez grand pour recevoir votre peau, et mettez une couche de copeaux d’écorce, puis votre peau, puis encore le reste des copeaux. Ce n’est qu’ici que vous recouvrirez le tout par votre liquide plein de tannin.

Pour savoir si la peau est prête à être sortie du liquide (après 2 ou 3 jours), coupez un morceau de nuque (collet), coupez un beau carré et regardez la tranche : si la tranche est blanche, c’est que la peau n’est pas tannée en profondeur, elle pourrira donc. Remettez-là dans le mélange, et attendez encore… Si la tranche est tannée, elle sera marron jaune, sortez-là de la solution.

Pour être sur de ce résultat, achetez en pharmacie une espèce chimique appelée «Fer III Chloride », ou Chlorure de Fer III, ce n’est pas très cher, et mettez une goûte sur la tranche d’un nouveau petit carré coupé dans le collet. Si une tache noir foncée se produit, vous pouvez être fier de vous, vous avez créé votre premier cuir tanné végétal !

 Vous devez graissez le cuir pour le nourrir, le raffermir. Achetez une crème pour cuir et enduisez votre peau de cette crème, un peu comme pour cirer des chaussures. Lustrez votre cuir avec un torchon, pour enlever le surplus de crème.

 Je pense que l’essentiel est dit, vous avez votre cuir, et vous pouvez maintenant faire vos réalisations avec du cuir tanné maison !

Anatole Weill

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La Vie des Paysans au XIIIe siècle en France

Situation historique

Au XIIIe siècle (1201-1300), La France est contrôlée par la dynastie des Capétiens, fondée par Hugues Capet en 987. Cinq rois se succédèrent durant ce siècle : Philippe II, dit Philippe Auguste (1180-1223), Louis VIII (1223-1226), Louis IX, dit Saint Louis (1226-1270), Philippe III Le Hardi (1270-1285), et Philippe IV, dit Philippe Le Bel (1285-1314). La quatrième croisade se termine en 1204, et la cinquième dure de 1217 à1221. Les disettes (manque de nourriture) sont assez courantes à cette période.

I)                Les Paysans

Au XIIIe, les paysans sont le plus souvent des serfs, c’est-à-dire qu’ils sont sous la protection d’un seigneur, qui possède un domaine où ils vivent, les paysans louent la tenure (terre de 10 à 20 hectares). En contrepartie, les paysans doivent des taxes, des redevances à leur seigneur. Les serfs ne sont pas des esclaves, et n’appartiennent pas au seigneur, ils appartiennent à la terre, ou au fief, et ne peuvent en être chassés. Dans les guerres, les paysans sont les premiers touchés, les adversaires voulant affaiblir le seigneur en tuant en premier ses serfs… Il arrivait parfois que le seigneur seulement occupé par les loisirs de la chasse, piétine les champs sans scrupules, une pratique condamné sévèrement par le roi Louis XI.

I/1) Vie quotidienne

La vie des paysans au XIIIe siècle et pendant tout le Moyen-âge ne fut sûrement pas très facile, et fut même très dure à certaines périodes de maladies ou de famines. Leurs habitations étaient fréquemment misérables, la pauvre nourriture en faibles quantités, et les vêtements, si on peut les appeler comme cela, étaient vraiment de mauvaise qualité pour les plus pauvres.

I/1/a) Les habitations

Les paysans et leur famille habitaient de modestes demeures. Construites en bois ou en boue séchée, les maisons du village étaient couvertes d’un toit de chaume. Elles n’avaient généralement qu’une seule pièce, mal éclairée par de petites fenêtres sans vitres et fermées de volets de bois le soir.

Ces modestes maisons étaient composées d’une seule et grande pièce à vivre, avec un sol en terre battue. Un feu se tenait au centre de cette salle, entouré de bancs en bois ou en pierre.

Les occupants dormaient tous dans le même lit en paille pour se tenir chaud en hiver, les habitations étant très mal isolées. Il n’y avait généralement pas de table à manger, mais une planche posée sur des tréteaux.

I/1/b) Les vêtements

Les paysans ne se souciaient pas de ce que leurs vêtements soient beaux, mais qu’ils tiennent chaud et qu’ils soient pratiques. Les vêtements d’hiver sont souvent superposés pour protéger davantage du froid ; les hommes et les femmes portent le même type d’habits. La plupart du temps, les paysans on la tête couverte, soit par un cal ou par un chapeau ; soit par un chaperon en hiver. Ils portent une tunique, avec des braies (culottes longues pour les hommes), il leur arrive de porter une cape de lin par-dessus, lorsqu’il fait frisquet.

I/1/c) La nourriture

Les paysans ne consomment pas de nourriture très variée : la plupart du temps, ils se nourrissent de galettes, de bouillies de céréales telles que l’orge ou le seigle. Le pain gris de seigle est un élément essentiel, la base de l’alimentation paysanne, chaque personne en consomme 1Kg par jour, lorsqu’ils le peuvent bien sur ; la soupe de légumes est également un composant important de leur alimentation.  Les paysans riches tuent en général un porc au début de l’hiver puis le conservent dans le sel, ce qui leur donne le lard pour les jours de fête.

I/1/d) L’hygiène

Les paysans ne disposaient pas d’une hygiène très adéquate, et par conséquent, ils étaient souvent malades ; un homme d’une quarantaine d’années étit considéré comme un vieillard, et rares étaient ceux qui dépaissaient les cinquante, soixante ans… Durant ce siècle, l’eau potable et propre se faisait rare, les familles les plus modestes n’avaient donc pas toujours les moyens de se laver.  Ce n’était pas qu’ils ne le voulaient pas, mais ils ne le pouvaient pas. La médecine était, à cette époque, très mal avancée niveau connaissances, les conditions d’opération étaient lamantables, et l’anesthésie était nulle. L’amputation était souvent la méthode la plus pratiquée, et se faisait souvent dans des granges ou des étables… Les malades mourraient souvent dans les opérations. Les conditions d’accouchement étaient elles-aussi désastreuses, et la mortalité infantile en était d’autant plus forte, durant toute la période médiévale. 

I/2) Le travail des champs

 I/2/a) Les cultures

 Les paysans devaient premièrement commencer par défricher le terrain, c’est-à-dire enlever les plantes parasites ou les restes des récoltes passées.                    Ils défrichaient avec la faux, leur hache ou par le feu pour les végétations sèches.  Les paysans cultivent surtout des céréales comme le seigle, l’orge, le froment et le blé. Si par malheur le temps était mauvais (sécheresse, manque de pluie …), les récoltes en devenaient de plus en plus mauvaises, ils souffraient alors du manque, voire de l’absence de nourriture : la famine. Les familles pouvaient également cultiver, pour compenser ce manque, du céleri, des fèves, des carottes, des petits pois qui servaient à faire la soupe.

 Les moissons débutaient en juillet, et le plus souvent, les hommes coupaient les épis tandis que les femmes confectionnaient des fagots. Certains seigneurs ramenèrent des croisades le principe de l’irrigation.

« La vie quotidienne du paysan se déroulait au rythme du soleil et des saisons. La journée de travail durait du lever au coucher du soleil et était beaucoup plus courte l’hiver ; la veillée n’existait que durant cette saison […]. »,                        D’après R.Delort, la vie au Moyen-âge, Seuil, 1982.

I/2/b) Les outils utilisés

Les paysans utilisaient des outils simples, comme la faux, la bèche et la houe pour retourner la terre ; la faucille était utilisée pour la moisson, puis le fléau pour battre les céréales coupées. L’araire était une sorte de charrue en bois dépourvue de roues, elle creusait des sillons, mais sans retourner la terre.

Ils ont du mal à produire de la nourriture en quantité suffisante, mais depuis le XIe  siècle, les paysans ont amélioré leurs techniques : ils ont inventé  de nouveaux outils comme la charrue pour aérer la terre, le collier d’épaule, le moulin, à eau puis à vent pour moudre le gain. Ces progrès permettent d’obtenir des récoltes plus abondantes et de stopper le manque de nourriture.

I/2/c) Les travaux en fonction des saisons

Au printemps :    Dès que la terre dégèle, les labours peuvent commencer, puis on sème les graines de céréales. Entre avril et juin à lieu la tonte des moutons, puis le filage de la laine, la confection de vêtements.

En été :       On fauche en premier le foin, puis en juillet vient la moisson du blé et de l’orge. Les tiges du blé et des autres céréales sont laissées sur place, en pâture pour les animaux, et les chaumes sont brulés afin de fertiliser la terre. Les épis récoltés sont déposés sur l’aire, pour être battus au fléau, ou, plus rarement, piétinés par des animaux tels de mulets… Le grain ainsi obtenu sera moulu selon les besoins, pendant les mois suivant.

À l’automne :      L’automne est le temps des vendanges, qui se font en présence d’une grande partie du village. À l’automne les fruits sont arrivés à maturité, les paysans récoltent donc les fruits de la forêt, autant pour les hommes que pour les bêtes, tels les glands pour nourrir les porcs, des fruits à coques comme les noix, les noisettes et les châtaignes, dont on peut faire une farine pour les plus pauvres, en replacement de la farine de blé (le maïs n’était alors pas connu en Europe, car il ne fut rapporté que par Christophe Colomb lors de la découverte de l’Amérique).

Le miel est également récolté à l’automne.  La terre est encore travaillée en cette saison, pour recevoir par la suite de nouvelles semailles, les semailles d’hiver, qui germent au printemps.

En hiver :   En hiver, la terre est gelée, donc aucun moyen de la travailler. Les paysans se font donc parfois bûcherons ; en ce temps là, le bois coûte cher, il n’est donc jamais gaspillé, il sert à tout, il sert à la construction des charpentes de maisons, à fabriquer des outils nécessitant du bois, comme les manches de houes, faux, herses, râteaux et autres fourches… Le bois sert également à chauffer les habitations, à faire la cuisine ; il peut également servir à faire des charrues et les autres structures agricoles en bois.

Les paysans se font aussi artisans, les uns assemblent des paniers, les autres se font travailleurs du cuir, le tannent pour en faire des harnais ou des chaussures. Si le seigneur est un membre du clergé, un abbé par exemple (assez courant au Moyen-âge), il réclamera des peux de moutons et d’agneaux pour en faire des parchemins pour écrire, ou, plus rarement pour faire des « vitres » aux fenêtres.

I/2/d) Sur plusieurs années

Sur plusieurs années, les paysans savent pratiquer ce que l’on appelle l’alternance des cultures, ou assolement triennal, une pratique qui consiste à échanger le type de culture chaque année : la première année des céréales d’hiver, la deuxième année des céréales de printemps, puis de la laisser en jachère (laisser la terre sans rien qui pousse, pour laisser la terre se reposer, se refertiliser) une année, pour ensuite recommencer le cycle.

I/3)  Les redevances seigneuriales

I/3/a) Les corvées

Le seigneur fait « payer » sa protection, ou plutôt le bon déroulement de la vie son domaine par des corvées, un mot qui est passé dans notre langue commune, pour désigner aujourd’hui une lourde tache à effectuer, une tâche ménagère…

Il y a différents types de corvées :

-         Curer les fossés ;

-         Empierrer les chemins et les routes pour améliorer les conditions de déplacement à l’intérieur du domaine ;

-         Couper puis rentrer le bois ;

-         Rentrer le fourrage.

Grâce à ces corvées, le seigneur à des rentrées d’argent plus importantes, car le domaine fonctionne mieux qu’auparavant, et les corvées sont au fur et à mesure remplacées par des taxes et des impôts…

I/3/b)  Les taxes et les impôts

Au Moyen-âge, nous pouvons distinguer plusieurs redevances :

-         La taille est un impôt direct qui sert à payer la protection du seigneur,

-         Les aides sont des taxes sur le transport des marchandises

-         Le cens et le champart sont des taxes que les paysans (pas les serfs) doivent payer au seigneur pour obtenir le droit de s’installer sur ses terres. Le cens est une taxe fixe et le champart est un impôt calculé en fonction de la récolte : plus celle-ci est bonne, plus le paysan paye.

-         La gabelle, un impôt sur le sel,

-         Les fouages sont des impôts par maison ou par feu,

-         Les banalités (tellement fréquentes que le mot est aussi passé dans notre langue pour désigner des choses « banales »), sont des taxes liées au droit de ban, qui fait payer des taxes aux paysans pour pouvoir utiliser le four, le moulin seigneurial ou le pressoir, que seul le seigneur a les moyens d’entretenir…

-         Les droits de passage sur les ponts,

Les serfs doivent payer des taxes spéciales : la mainmorte au moment de l’héritage et le formariage au moment d’un mariage en dehors de la seigneurie.

  En conclusion, nous pouvons dire que la vie des paysans et des serfs au XIIIe siècle n’était pas très facile, sur beaucoup de points, plus principalement sur leur mode de vie, leurs conditions de vie, dont la nourriture, la tenue vestimentaire et l’hygiène. Ils étaient également accablés par les taxes dues à leur seigneur, ou les corvées ; les seigneurs qui parfois détruisaient les cultures, les récoltes et les provisions ne facilitaient pas la production de ressources, que le seigneur réclamait, et il pouvait punir ceux qui ne réussissaient pas à accomplir ces tâches.

 Anatole Weill

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